Que penser des nouveaux contrats de travail ?

Le chômage est une affaire trop sérieuse, une trop grande préoccupation, pour réduire la politique de l’emploi à un débat calculateur et idéologique.

Oui, il est critiquable de réformer à la hussarde le code du travail. Que reste-t-il de la démocratie sociale lorsque l’on congédie les partenaires sociaux et que l’on décide sans eux de la nature du contrat de travail, du statut et des droits du salarié ? On ne peut donner toujours plus aux employeurs (exonération de charges, rupture de contrat sans justification) sans être très attentif aux résultats effectifs en matière d’emploi et au « coût » social.

Symétriquement, assimiler toute forme de flexibilité à une précarité nécessairement accrue, défendre une surprotection statutaire en ignorant tout des dynamiques économiques, mène à l’impuissance et au statu quo, c’est-à-dire au maintien d’une précarité déjà subie par nombre de Français qui ne se satisfont pas des protestations, mais veulent des solutions.

Concernant la situation de l’emploi, le constat est partagé : le reflux actuel du chômage est encore modéré et le taux de 9,5 % enregistré en décembre 2005 demeure l’un des plus élevés d’Europe. Les jeunes en sont particulièrement victimes : le taux de chômage est de 18 % pour les moins de 30 ans, plus du double pour ceux qui sont sans qualification. L’essentiel des embauches s’effectue en CDD ou en intérim, voire en stages non indemnisés.

Nouveaux venus, le CNE et le CPE introduisent davantage de flexibilité dans le contrat de travail : ils proposent une « période de consolidation » de deux années pendant lesquelles le salarié peut être licencié sans justification. Ils s’accompagnent aussi, pour les moins de 26 ans, d’une exonération totale des cotisations patronales pendant trois ans. Les théorèmes sont connus : moins de freins au licenciement égale moins de réticence à l’embauche, moins de charges égale plus d’emplois proposés.

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L’échec d’une gauche trop peu réformiste

Les Français ont tranché : ils ont refusé le traité constitutionnel européen.

Un non bigarré est devenu majoritaire : tantôt proféré au nom de la nation et de sa souveraineté, tantôt au nom de la conviction qu’un texte plus progressiste est nécessaire et possible.

Nous ne savons pas encore ce que sera la couleur dominante de ce non et la direction qu’il donnera à la construction européenne.

Mais quoi qu’il en soit, la volonté générale a choisi d’exprimer une claire défiance. Pour nous, représentants du peuple engagés dans la construction européenne, c’est un échec sans appel. Trop longtemps occultée ou instrumentalisée, l’Europe que nous proposions n’a pu concentrer les convictions et la confiance. Dans un pays de chômage de masse, de précarité et d’exclusion, un discours politique qui ne soit pas de seule contestation se révèle largement inaudible. A tort ou à raison, ce traité n’a pas paru être à la hauteur des attentes et des détresses.

La crise est donc ouverte. Le divorce entre l’opinion publique française et le modèle économique, sociale et politique européen, est désormais consommé. Avec à la clef une alternative : soit le non, porteur d’avenir, est à l’avant-garde de la construction européenne, soit, porteur de nostalgies diverses, il place la France en marge du cours de l’Histoire.

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