Parti Socialiste: Vive la crise !

Parti Socialiste

Parti Socialiste (Photo credit: Wikipedia)

L’Europe et l’actuel débat sur la ratification de son projet de constitution ont le mérite de contraindre le PS à une nécessaire clarification et de le placer à un tournant de son histoire. Si l’analyse politique glose aujourd’hui sur la guerre des chefs à droite, elle ne s’intéresse pas assez aux processus de décomposition et de recomposition qui traversent le PS. Il est temps désormais que chacun mette cartes sur table. De quoi s’agit-il ?

Le PS ne peut plus longtemps ignorer qu’il est traversé par des courants d’idées, par des orientations et des valeurs qui ne sont pas seulement différents mais bien antagonistes. Entre la critique des lois du marché et de leur encadrement social-libéral proférée par Henri Emmanuelli et ses amis du Nouveau Monde – largement rejoint par le Nouveau Parti Socialiste d’Arnaud Montebourg – et la promotion d’un réformisme pragmatique attentif à la régulation et à la correction des inégalités – dont Michel Rocard et Dominique Strauss-Khan sont les principaux architectes – il n’y a plus désormais de médiation possible.

Retrouver le sens politique signifie ici en finir avec les unités de façade, les compromis bricolés. Comment appeler les citoyens à l’exercice d’une démocratie active si l’on renonce aux antagonismes d’idées, aux alternatives claires ? Non pour transformer la politique en exercice de pure polémique mais afin de l’inscrire fermement dans l’espace d’une discussion ou la pluralité ne soit pas un vain mot.

Alors oui, que le PS ait le courage de ses divisions. Ce qui sépare la gauche jacobine, étatique, attachée au dirigisme politique et à la contestation, de la gauche réformiste appelant à la maîtrise du capitalisme dans le cadre d’un Etat décentralisé et d’une société solidaire et contractuelle, est aujourd’hui supérieur à ce qui les réunit. Voilà une vérité que le parti doit aux militants, aux citoyens et à l’histoire.

Le temps est venu d’un nouveau congrès de Tours. L’engagement européen est l’occasion d’une décision politique qui fait écho à la question de l’adhésion à la 3ème Internationale qui, en 1920, voyait la majorité de la SFIO fonder le Parti Communiste. Moments symboliques, moments d’affirmation d’une identité qui contraignent à révéler les principes et les projets, soulignant aussi que la vérité de la politique est internationale.

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