Non, le rapport Camdessus n’est pas ultralibéral

Le piège était gros. Une certaine gauche, bornée par son idéologie, ne pouvait le voir. Elle ne l’a pas vu et elle y est tombée. « Une nouvelle bible pour la droite », « un bréviaire libéral ». N’en jetez plus, la messe est dite.

Ou comment Nicolas Sarkozy sera parvenu, avec la bénédiction de ses adversaires, à confisquer un projet de réforme dont l’horizon est celui de la sociale démocratie des pays nordiques. Ou comment un rapport affirmant la nécessité de « concilier l’efficacité économique avec la justice sociale », de « reconstruire notre cohésion sociale, en faisant face au redoutable défi de l’exclusion dans notre pays » aura été dénoncé comme étant de « droite ». Ou comment un groupe de réflexion dans lequel on retrouve le président CGT de la section du travail au Conseil économique et social, le président honoraire de la CFTC ou encore le président d’Emmaüs France a pu être présenté comme un dangereux temple gardien de l’orthodoxie ultra-libérale.

Un tel tour de passe-passe laisse rêveur et il ferait presque sourire s’il ne résonnait pas d’abord comme un symptôme. Révélateur de cette paralysie intellectuelle, de ces crispations, à travers lesquelles du « baron » Seillière à la gauche « anti » chacun est bien à sa place pour entonner sa partition sur fond d’inculture économique et de fantasmes politiques. Et pendant ce temps là la société française s’immobilise et se crispe sur ces violences que l’on ressasse à vide comme des fatalités : chômage de masse – c’est-à-dire enfants de chômeurs et bientôt petits enfants – inégalités et exclusion.

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