C’est quoi être français ?

Francais

« Chers amis,

Je suis heureux de participer à ce rendez-vous citoyen que constituent les rencontres de Venasque. Heureux de débattre en votre compagnie de ce que signifie, aujourd’hui, être Français.

Alors, c’est quoi être Français?

Question directe, réponse personnelle.

Etre Français pour moi, pour l’Alsacien qui vous parle, c’est d’abord un mélange de destin collectif et de choix individuels qui font basculer des vies et façonnent une histoire familiale.

Etre Français, pour les Alsaciens entre 1914 et 1945, c’est ne plus l’être, puis le devenir à nouveau, et encore ne plus l’être pour enfin le redevenir.

Etre Français, pour mon grand-père maternel, c‘est refuser de devenir officier dans la cavalerie allemande en 1914 et s’engager dans les FFI en 44.

Etre Français, pour mon grand-père paternel, c’est aller à Besançon, en 1914, pour s’engager dans l’armée française puis c’est être expulsé d’Alsace, avec sa famille, vers l’Afrique du Nord en 1940, au motif qu’il était « inassimilable au Reich ».

Et ce fut pour mon père, débarqué à Saint Tropez en août 44 avec l’armée d’Afrique (chef d’une section du génie dont il était le seul métropolitain), perdre sa jambe en déminant le col de la Schlucht entre Vosges et Alsace.

Ce petit fragment d’histoire personnelle le dit mieux qu’une longue démonstration : être Français n’est pas une construction artificielle  et accessoire mais bien un identifiant essentiel qui participe à la signature d’une vie.

Pour autant, le même Alsacien qui vous parle, le Mulhousien pour être plus précis, est aussi l’habitant du pays des trois frontières. Il regarde depuis toujours vers l’Allemagne et la Suisse, vers l’Europe. Il vient d’une terre d’échanges et de passage, de croisement des marchandises, des langues et des cultures.

Il se souvient de son père qui défendait ardemment, dès les années 50, la réconciliation franco-allemande et le dialogue entre les deux peuples.

Il est ce Français pour qui la nation n’a jamais ressemblé à sa caricature nationaliste.

Laissons là les replis et les crispations, la réduction à une identité figée et fermée, dont il faudrait défendre la pureté.

Laissons là ceux qui portent le drapeau d’une France morte.

Je préfère la passion d’une France vive, celle de l’identité en mouvement, la passion d’une France solidement enracinée, d’autant plus riche qu’elle est ouverte.

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Le PS à l’heure de la révolution culturelle

En préférant une alternance de droite, les Français tendent au Parti Socialiste le miroir de ses insuffisances. L’heure d’une gauche nouvelle est venue. Une gauche capable de rompre avec le tout Etat, avec la culture de la dépense et de la redistribution irresponsable. Une gauche qui propose une synthèse entre le réalisme économique, la sincérité budgétaire et l’ambition sociale, le volontarisme public. Une synthèse entre les libertés et les solidarités.

Cette dynamique de rénovation doit s’amplifier. Nous voici enfin contraints de procéder, en amont du pouvoir, à notre aggiornamento idéologique. Demain nous ne nous gouvernerons plus à rebours de nos discours, nous ferons ce que nous aurons dit.
Pour prendre le pouvoir efficacement et gouverner durablement, nous avons désormais besoin d’une ligne claire. Nous avons pu mesurer à quel point les synthèses tièdes et les ambiguïtés doctrinales ont pu nuire à la crédibilité de notre projet.
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Tony Blair ou le remords du socialisme français

Il y a dix ans, en 1997, à quelques mois d’intervalle, Tony Blair et Lionel Jospin accédaient au pouvoir. En 2007, le premier ministre travailliste rend son tablier après avoir été élu trois fois de suite. De son côté, la gauche française essuie une nouvelle défaite. Elle sait déjà qu’au mieux, de Chirac à Sarkozy, l’alternance prendra dix-sept ans.

Bien sûr, Tony Blair part en ayant été usé par le pouvoir. Un destin que la gauche française, volontiers distante ou critique, n’aura jamais vraiment eu le temps de connaître : il aurait pour cela fallu qu’elle soit capable de prendre le pouvoir efficacement et de gouverner durablement. Le blairisme, c’est d’abord cela : la rénovation à marche forcée de la gauche et la conduite d’une politique progressiste adaptée au monde d’aujourd’hui.

Pendant que nous gouvernions, brièvement, à rebours de nos discours, les travaillistes osaient dire ce qu’ils allaient faire et procédaient en amont du pouvoir à leur aggiornamento idéologique. Ils renouvelaient ainsi leurs outils et inventaient de nouveaux leviers pour l’action politique. Pendant que nous passions (et passerons peut-être) nos longues années d’opposition à des affrontements stériles de clans et de personnes, cherchant le plus petit dénominateur commun, récitant des dogmes et maniant les solutions du passé, les travaillistes gouvernaient et changeaient la société. Ils réconciliaient l’efficacité économique et le progrès social. Ils rendaient possible une forte croissance, atteignaient le plein-emploi, organisaient une meilleure redistribution sociale (salaire minimum et lutte contre la pauvreté) et réalisaient un investissement sans précédent dans les services publics.

Voilà le visage du travaillisme moderne, de la gauche, lorsque, sans renoncer à ses ambitions de justice et de cohésion sociale, elle affronte les réalités d’une économie ouverte et d’un monde d’échanges.

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Ségolène et Dominique, unissez-vous !

SegoleneDsk

Il y a dix ans, en 1997, à quelques mois d’intervalle, Tony Blair et Lionel Jospin accédaient au pouvoir. En 2007, le premier ministre travailliste rend son tablier après avoir été élu trois fois de suite. De son côté, la gauche française essuie une nouvelle défaite. Elle sait déjà qu’au mieux, de Chirac à Sarkozy, l’alternance prendra dix-sept ans.

Bien sûr, Tony Blair part en ayant été usé par le pouvoir. Un destin que la gauche française, volontiers distante ou critique, n’aura jamais vraiment eu le temps de connaître : il aurait pour cela fallu qu’elle soit capable de prendre le pouvoir efficacement et de gouverner durablement. Le Blairisme, c’est d’abord cela : la rénovation à marche forcée de la gauche et la conduite d’une politique progressiste adaptée au monde d’aujourd’hui.

Pendant que nous gouvernions, brièvement, à rebours de nos discours, les travaillistes osaient dire ce qu’ils allaient faire et procédaient en amont du pouvoir à leur aggiornamento idéologique. Ils renouvelaient ainsi leurs outils et inventaient de nouveaux leviers pour l’action politique. Pendant que nous passions (et passerons peut-être) nos longues années d’opposition à des affrontements stériles de clans et de personnes, cherchant le plus petit dénominateur commun, récitant des dogmes et maniant les solutions du passé, les travaillistes gouvernaient et changeaient la société. Ils réconciliaient l’efficacité économique et le progrès social. Ils rendaient possible une forte croissance, atteignaient le plein-emploi, organisaient une meilleure redistribution sociale (salaire minimum et lutte contre la pauvreté) et réalisaient un investissement sans précédent dans les services publics.

Voilà le visage du travaillisme moderne, de la gauche, lorsque, sans renoncer à ses ambitions de justice et de cohésion sociale, elle affronte les réalités d’une économie ouverte et d’un monde d’échanges.

Les ingrédients de la réforme, du succès économique et social, sont connus : réconcilier les libertés et les solidarités, responsabiliser, allier la production et la redistribution, mettre en mouvement la société et les territoires, assumer la nécessité des règles, n’accorder les droits qu’au regard des devoirs.

Combien de défaites nous faudra-t-il pour en faire le coeur de notre doctrine et de notre pratique ? Combien de temps seront tenus pour hérétiques ceux qui portent les couleurs de cette gauche décomplexée car moderne ? Valait-il mieux perdre, et reperdre, sans toucher à ses certitudes, ou plutôt gagner en osant un peu de cette troisième voie que nous étions quelques-uns à porter depuis… dix ans !

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La sécurité, un défi pour la République, un chantier pour les territoires

«Faire société » ne va plus aujourd’hui de soi. Notre pacte social et républicain est confronté à ses failles et à ses échecs. La violence fait symptôme. Notamment aux marges territoriale, économique et sociale de la République. Dans nos « banlieues » vécues comme des territoires de relégation.

Dans ce contexte, toute action en matière de sécurité doit avoir pour horizon le « vivre ensemble ». Comment rendre légitime et efficace une politique de sécurité publique ? En jouant à la fois sur le temps court de la sanction et sur le temps long de l’action préventive. Soyons tout aussi durs avec l’insécurité qu’avec les causes de l’insécurité.

Nous avons besoin de politiques économique, sociale et éducative adaptées au traitement des causes de la délinquance. Qu’il s’agisse de logements, d’équipements et de services publics, de transports ou d’emplois, les logiques territoriales et partenariales sont à privilégier.

Ces politiques sont nécessaires mais non suffisantes. Car nous ne devons pas pour autant détourner les yeux, nier l’importance prise par les incivilités et les actes de violence, émanant notamment des mineurs. Osons nommer la réalité des violences, osons assumer la nécessité des règles, l’existence de contraintes, la possibilité et la réalité de sanctions. Les discours purement compassionnels et sociologiques ne tiennent pas. Ni à l’épreuve des faits : le travail sur les causes ne peut se substituer à la gestion des effets. Ni à l’épreuve des principes : il n’y a pas de liberté sans règles structurantes et responsabilisation individuelle.

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Que penser des nouveaux contrats de travail ?

Le chômage est une affaire trop sérieuse, une trop grande préoccupation, pour réduire la politique de l’emploi à un débat calculateur et idéologique.

Oui, il est critiquable de réformer à la hussarde le code du travail. Que reste-t-il de la démocratie sociale lorsque l’on congédie les partenaires sociaux et que l’on décide sans eux de la nature du contrat de travail, du statut et des droits du salarié ? On ne peut donner toujours plus aux employeurs (exonération de charges, rupture de contrat sans justification) sans être très attentif aux résultats effectifs en matière d’emploi et au « coût » social.

Symétriquement, assimiler toute forme de flexibilité à une précarité nécessairement accrue, défendre une surprotection statutaire en ignorant tout des dynamiques économiques, mène à l’impuissance et au statu quo, c’est-à-dire au maintien d’une précarité déjà subie par nombre de Français qui ne se satisfont pas des protestations, mais veulent des solutions.

Concernant la situation de l’emploi, le constat est partagé : le reflux actuel du chômage est encore modéré et le taux de 9,5 % enregistré en décembre 2005 demeure l’un des plus élevés d’Europe. Les jeunes en sont particulièrement victimes : le taux de chômage est de 18 % pour les moins de 30 ans, plus du double pour ceux qui sont sans qualification. L’essentiel des embauches s’effectue en CDD ou en intérim, voire en stages non indemnisés.

Nouveaux venus, le CNE et le CPE introduisent davantage de flexibilité dans le contrat de travail : ils proposent une « période de consolidation » de deux années pendant lesquelles le salarié peut être licencié sans justification. Ils s’accompagnent aussi, pour les moins de 26 ans, d’une exonération totale des cotisations patronales pendant trois ans. Les théorèmes sont connus : moins de freins au licenciement égale moins de réticence à l’embauche, moins de charges égale plus d’emplois proposés.

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Pour un socialisme libéral – Motion – Congrès du Parti Socialiste

congreps

Pourquoi le socialisme libéral ?

Parce que nous sommes en crise.

Crise économique : chômage de masse, lourd endettement et croissance anémiée dessinent les contours d’un échec durable.

Crise sociale : exclusion et précarité, inégalités de situation et de destin, fragmentations des territoires, discriminations multiples, dysfonctionnement de la puissance publique, remettent en cause notre pacte social.

Crise politique enfin : abstention chronique, vote protestataire, faiblesse de la délibération commune et de la culture de compromis, sclérose des partis menacent l’exercice d’une démocratie partagée.

Parce que le rejet du traité constitutionnel s’est ajouté à la crise pour témoigner de l’insatisfaction grandissante du peuple. Parce que nous avons désormais une obligation de résultats.

Sans avoir pour autant une prescription de moyens. Sans que nous devions ici confondre les symptômes et les remèdes. Rien ne fonde les appels à une politique anticapitaliste et antilibérale, rien ne justifie la nécessité d’un prétendu « coup de barre à gauche ».

Où voit-on d’ailleurs, au-delà de nos frontières, que le choix d’un Etat centralisateur, dirigiste et égalitaire, garantisse le succès économique, le renouveau du modèle social et la vitalité démocratique ?

Parce que ni le socialisme de gestion (souvent honteux et inabouti), ni le socialisme de contestation (toujours vigoureux mais vide d’action) n’ont pu suffisamment incarner nos ambitions de  progrès social et d’émancipation partagée.

Parce que seul un discours de vérité est aujourd’hui à la mesure des enjeux, parce que seul il nous donne les leviers pour agir concrètement. Parce que « dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit » suffirait à la rénovation du socialisme français.

Parce nous devons partir, étant socialistes, de la pratique et non de la théorie.

Et qu’en Europe, la social-démocratie d’Europe du Nord, comme le nouveau travaillisme, nous montrent que la croissance fondée sur l’innovation, le plein emploi, la hausse du pouvoir d’achat, la vitalité des services publics et la santé du pacte social, constituent des réalités.

Parce que tous ces pays proposent des compromis, d’ailleurs divers, entre les libertés et la solidarité, les dynamiques individuelles et les régulations collectives, les initiatives de la société civile et le volontarisme de l’Etat.

Parce qu’à force de confondre le libéralisme et l’ultralibéralisme, nous devenons aveugles au monde et incapables d’agir sur lui. Ne pouvant penser ni le capitalisme, ni le marché, ni l’entreprise, autrement que sur le mode de l’opposition, nous n’inventons plus de levier d’action pour agir en leur sein. Nous n’avons plus rien à dire aux salariés. Au risque de laisser s’emballer les logiques de production et de rentabilité. Au risque de voire naître une société de marché destructrice des hommes et de la planète, à l’ombre de notre stérilité et de notre inaction.

Parce qu’à force de confondre le libéralisme et l’ultralibéralisme, nous nous résignons à un étatisme convenu, à une conception centralisée et autoritaire de l’action publique. Nous ignorons les dynamiques individuelles et collectives, si chères pourtant à l’histoire du socialisme. Nous méconnaissons les ressources de la société civile, les vertus de la régulation contractuelle et du compromis. Nous oublions les possibilités d’une puissance publique décentralisée, d’un Etat-providence rénové, agissant au plus près des besoins et en vue de la satisfaction de ses usagers.

Parce que nous ne pouvons plus seulement nous appuyer sur les instruments classiques du socialisme, sur notre imaginaire national et républicain. Notre monde a changé. Il est tissé d’échanges généralisés et de flux, d’acteurs individuels et d’appartenances multiples. Notre société est riche de ses diversités, multiculturelle, mais aussi fragmentée et inégalitaire.

Les outils d’une politique progressiste doivent changer.

Parce qu’il nous faut un socialisme transformateur, un socialisme des libertés[1], réconciliant l’idéalisme et le pragmatisme, en prise sur le monde d’aujourd’hui.

 

Etre socialiste libéral

Oui, nous sommes des socialistes libéraux.

Socialistes, car nous devons opposer aux rapports de force et à l’injustice, la nécessité d’une émancipation partagée. Car nous nous donnons pour fin la justice et la protection sociale, la réduction des inégalités et la promotion des solidarités. Car nous travaillons au partage des biens et des droits à l’échelle du continent et du monde. Socialistes, car nous défendons l’esprit public, ce qui fait société. Car nous soutenons le principe d’une action collective et volontariste.

Libéraux, car nous comprenons l’émancipation comme accès à la liberté. Nous défendons la  liberté et la responsabilité individuelle, l’autonomie de la société civile, la délimitation de la souveraineté de l’Etat. L’émancipation doit être le fruit des libertés mises en commun : réunies par le débat et la négociation contractuelle, réglées par les normes du droit et l’exercice de la justice.

Oui, le socialisme et le libéralisme peuvent se fondre pour mieux s’accomplir[2].

Oui, le socialisme est une philosophie de la liberté qui ne se confond pas avec ses pathologies totalitaires : « Le socialisme (…) c’est quand la liberté entre dans la vie des plus pauvres ».[3]

Oui, le libéralisme est épris de justice et ne se reconnaît pas dans sa forme « ultra » ou « néo », expressions pathologiques d’une liberté déréglée et irresponsable.

Ce sont bien la liberté de la personne, la responsabilité partagée, l’engagement individuel et collectif, qui ouvrent la voie au progrès et à de nouvelles formes de justice sociale.

Etre socialiste libéral, c’est partir du monde tel qu’il est pour le rendre meilleur. Ce n’est pas dire qu’un autre monde est possible, c’est faire jouer tous les possibles de notre monde, ici et maintenant.

Voilà qui demande d’abord de regarder le monde en face[4]. La vérité est la condition de l’action véritable.

Le socialisme ne peut se réduire à un système de réparation ou même de prévention qui s’opposerait, de l’extérieur, au capitalisme. Comme si l’un et l’autre étaient chimiquement purs. Parce que nous ne sommes ni ultralibéraux, ni communistes, nous devons reconnaître et assumer l’ambivalence du capitalisme et de l’économie de marché : ils sont à la fois le meilleur et le pire. Faute de l’accepter, nous nous condamnons à ignorer les articulations, les tensions et les ambiguïtés de notre monde. Nous nous condamnons à une position de surplomb qui nous empêche de travailler au cœur du réel.

Parce que nous sommes des socialistes libéraux, nous reconnaissons le rôle du marché, lieu de la production des richesses à partager et des échanges ouverts à l’autre. Nous assumons la concurrence, source d’innovation, de mobilité sociale lorsqu’elle s’oppose aux avantages hérités et aux monopoles constitués. Nous savons que construire une société solidaire, dans le monde tel qu’il est, suppose aujourd’hui, tout en la dépassant, une économie de marché. Nous encourageons l’autonomie source d’épanouissement et de responsabilité. Nous encourageons l’esprit d’initiative et d’entreprise, source de création, pas seulement économique.

Mais, tout autant, nous connaissons l’importance des régulations nécessaires à la correction des injustices et nous ne nous satisfaisons pas d’un socialisme d’accompagnement. Bien plus, nous nous opposons à la seule logique de la production et de la rentabilité maximale. Nous refusons une société de marché faite d’une juxtaposition d’individus producteurs et consommateurs, isolés et mus par leur seul intérêt.

Nous soutenons que la croissance est nécessaire mais pas suffisante au développement. Que l’individu est d’abord un être social, une personne possédant des dimensions multiples qui ne se réduisent pas à ses fonctions économiques. Nous avons le projet d’une société solidaire, n’ignorant pas le non-marchand, qui comprenne l’émancipation comme épanouissement partagé.

Notre socialisme libéral est fier et fort de son histoire[5].

Ses idées fécondent le socialisme depuis son apparition[6].

Il s’amorce avec les critiques adressées par Proudhon au communisme et avec les expériences, politiques et syndicales, du socialisme libertaire. Il s’amorce avec la pensée sociale des libéraux du 19ème siècle : Tocqueville en France[7], Hobhouse en Angleterre, Dewey aux Etat-Unis. Il s’exprime, à la fin du 19ème siècle, dans le « révisionnisme » c’est-à-dire dans la critique du marxisme. Dans le choix d’un « socialisme éthique » contre la révolution violente et le dirigisme étatique. Il se prolonge dans le réformisme de Jaurès et dans son opposition au guesdisme.

Il s’oppose, dans les années trente, à la montée des totalitarismes, notamment en Italie avec la publication du Socialisme libéral par Carlo Rosselli et la fondation du Parti d’Action.

Il nourrit, plus près de nous, l’histoire de la social-démocratie allemande, les inspirations de la deuxième gauche française, le nouveau travaillisme anglais et les orientations du parti démocrate américain.

Notre socialisme libéral est en prise sur le monde contemporain car ses principes et ses questions entrent en résonance avec lui.

Foncièrement pragmatique et anti-idéologique, il insiste sur le retour aux faits, aux conditions de vie, de production et d’échange, aux rapports de force.

Il s’intéresse aux conditions concrètes d’une liberté partagée. Il cherche à accorder, sous la forme du compromis et de la régulation, le jeu des libertés et l’exigence de justice.

Il défend les conquêtes pratiques du réformisme.

Il témoigne de son engagement démocratique, fondé sur l’autonomie et le pluralisme du corps social.

Il  porte ses regards vers le fédéralisme européen et la solidarité internationale.

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