François Hollande : le déni ou le choix de l’Histoire !

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Ainsi François Hollande aurait pour seul choix aujourd’hui de rapidement déclarer sa candidature afin de s’imposer à sa famille politique en la réunissant. Il s’agit là d’une fiction. François Hollande n’est plus en mesure d’assurer le succès électoral de la gauche. Mais l’enjeu est en réalité beaucoup plus important.

Il n’a pas su donner de sens à son quinquennat

Ce qui est en péril n’est rien moins que le projet de réforme et de rénovation porté par le président lui-même. François Hollande a certes esquissé un discours de vérité qui constitue un début de rupture. Rupture par rapport à un socialisme de gestion trop souvent honteux en même temps qu’inabouti.

Il a notamment fait le pari d’une politique de l’offre pour laquelle il n’y a de distribution possible qu’à partir de la création de richesse. Ce faisant, il a rendu possible un premier travail de clarification idéologique au sein du parti socialiste.

Mais François Hollande aura d’abord buté sur un déficit de pédagogie et d’explication. Il n’aura pas su faire le récit de son quinquennat, donner du sens et de la perspective. Son mépris pour la « com' » lui aura fait perdre de vue l’importance de la communication. Plus que jamais, au cœur d’une mondialisation qui redistribue les insécurités, il importait de décrypter et de créer un récit commun. Ce déficit, ajouté à la force des conservatismes et des blocages de la société française, ajouté à la divergence croissante entre le temps de la décision politique et l’accélération des échanges et de l’information, a largement contribué à façonner une impression tenace de demi-mesure et d’action pusillanime.

L’illusion de la victoire à l’arrachée

François Hollande est aujourd’hui à la croisée des chemins. La tentation du déni est grande car la politique est aussi faite d’une volonté qui sait s’imposer aux hommes et aux événements. Il y a un récit que le président se fait à lui-même et qu’il fait à ses proches : celui de la victoire à l’arrachée, du retour d’entre les morts.

Or il s’agit là d’une illusion, tenace comme toutes les illusions en politique. Aussi excessif que cela soit, l’opinion s’est désormais cristallisée et oscille entre l’hostilité et l’indifférence. À cet égard, la part des Français qui ne souhaite pas que le chef de l’Etat se représente est devenue écrasante et elle est encore plus riche de sens que les seules intentions de vote. Les erreurs de méthode qui ont accompagné l’examen de la loi travail et le renforcement de la menace terroriste auront, sur des plans bien différents, achevé de fissurer la stature présidentielle.

Sa candidature, un risque pour la gauche réformiste

Tout cela s’est ajouté au péché originel du quinquennat : la contradiction fatale entre le discours du candidat et la pratique du président. Paradoxalement ce péché était sans doute inévitable, en raison de ce qu’était le point d’équilibre de son parti et de la gauche. Mais le calcul électoral lié à la conquête du pouvoir n’est ensuite guère compatible avec l’exercice responsable et réformateur du pouvoir quand il confine au grand écart permanent.

François Hollande sait bien que la vérité en politique est celle du désir. Un désir qui peut être suscité, mais qui est d’abord le désir des autres. Et aujourd’hui, il n’y a ni attente ni envie envers lui. Aussi, il appartient au Président de choisir le réel plutôt que la fiction. De prendre conscience des risques que sa candidature ferait courir à la gauche réformiste.

Autrement dit, la victoire idéologique de François Hollande ne peut que s’accomplir dans le retrait. Il lui appartient d’écrire l’Histoire en assurant non la continuité de sa personne mais celle des idées défendues et portées par une gauche réformiste et pragmatique qui souhaite donner à chacun les moyens de son émancipation en articulant les libertés et les solidarités.

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