Valls, le centre et la grande coalition

Ma tribune publié par Le Plus du Nouvel Observateur

« En nommant Manuel Valls au poste de Premier Ministre, François Hollande a fait le choix de la clarté et de l’efficacité.

Clarté d’une ligne politique qui assume sans fard une ambition réformiste, synonyme de réalisme économique et d’ambition sociale. Cette politique de l’offre fait de la création de richesses un préalable nécessaire à leur redistribution. Les avantages sociaux ne peuvent plus être fabriqués par la dette, ils doivent être produits par l’économie réelle.

Efficacité car Manuel Valls incarne la volonté et l’esprit de décision. Il est à même de conduire un gouvernement tourné vers l’action et les résultats. Il dessine ainsi un socialisme pragmatique qui abandonne la rhétorique pour la mesure exacte de sa performance sociale. Surtout, à un moment où les objectifs politiques ne peuvent plus être séparés des enjeux de communication, il fait de la pédagogie et du « faire savoir », les outils nécessaires de la reconquête de l’opinion et du succès des réformes engagées.

Mais il appartient maintenant au Président, au Premier Ministre et à toutes les forces progressistes d’aller au-delà. L’heure d’une grande coalition est venue.

L’adoption à venir du pacte de responsabilité constitue un enjeu pour le centre. Comment pourrait-il ne pas soutenir des mesures visant à réduire le coût du travail, à améliorer la compétitivité des entreprises et à créer des emplois ?

Lorsque le réalisme économique rencontre l’ambition sociale, la gauche réformiste et le centre se trouvent naturellement appelé à collaborer.

Ouvrons les yeux : François Hollande comme Manuel Valls ne sont en rien les  gardiens du temple d’un socialisme de jadis. Ils refusent la rhétorique idéologique,  rompent avec le tout-Etat, avec la culture de la dépense et de la redistribution irresponsable. Ils proposent, au contraire, une synthèse entre le réalisme économique, la crédibilité budgétaire et l’ambition sociale, le volontarisme public et l’affirmation républicaine. Une synthèse entre les libertés et les solidarités.

Voilà le chemin d’une France réconciliée, d’un changement partagé !

Le centre, enfin sorti de l’âge de minorité et devenu autonome, a vocation à travailler avec cette nouvelle gauche !

Il se retrouvera dans l’exigence d’une politique par la preuve.

Il partagera le projet d’une économie de marché solidaire fondée sur une croissance durable et innovante, sur la vitalité d’entreprises responsabilisées, sur une politique de l’emploi conciliant fluidité et sécurité.

Il accompagnera la mise en mouvement de la société et des territoires, la réforme de l’Etat, sa responsabilisation et son évaluation, afin notamment de garantir et de rénover les services publics. Il encouragera aussi une nouvelle décentralisation qui améliore l’action publique en rapprochant et en responsabilisant acteurs et usagers.

De nombreuses gauches européennes, appuyées sur un centre démocrate et social, ont accompli ces réformes dans l’intérêt de tous.

De même, comment le coeur de la gauche pourrait-il ne pas se reconnaître dans l’ambition sociale affirmée par François Hollande et Manuel Valls ?

L’augmentation du pouvoir d’achat des plus modestes via la diminution des cotisations sociales des salariés, l’attachement réaffirmé aux services publics, à la solidarité sociale et territoriale, la lutte pour l’égalité réelle, constituent autant de preuves de cet engagement.

Ce socialisme n’est en rien honteux, il n’est pas un socialisme d’accompagnement.

Il défend l’esprit public, se donne pour fin la justice et la protection sociale, la réduction des inégalités et la promotion des solidarités. Il promeut ce qui fait société et soutient le principe d’une action collective et volontariste.

Loin d’une politique de petits boutiquiers faite de calculs à courte vue, l’heure est à la formation d’une large coalition toute entière tournée vers la réussite des réformes. Car au moment où la défiance généralisée l’emporte, seules les vertus de l’engagement et la défense de l’intérêt général sont à la hauteur des urgences de la crise et des attentes des français.

La grande politique n’est plus une option c’est une nécessité, un destin. »

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